L’histoire du COEI s’est construite sur une succession de rencontres. Il en est de même, plus largement, de l’ensemble des liens entre Vienne et ses villes jumelles.

Le 50ème anniversaire du COEI est l’occasion de regrouper, sur un seul support, les différentes notes chronologiques. Celles-ci sont bien sûr subjectives puisque, au fil des années, sélectives. L’énumération des faits permet néanmoins de capter le cycle de vie de chaque relation. Les premiers contacts, la réciprocité, l’officialisation, laferveur, l’intensification des relations et, parfois, l’éloignement y apparaissent.

Au-delà de l’histoire, c’est aussi un hommage aux acteurs d’alors et d’aujourd’hui. ; à ceux qui ont œuvré, participé, soutenu, par la découverte de l’étranger, les valeurs de l’Accueil au service de la Paix.


Que ces pages vous remémorent de nombreux souvenirs, qu’elles vous donnent envie de poursuivre l’aventure des Echanges !

 

Gudrun Aivazian
Présidente du COEI

Présidente COEI
De gauche à droite : Jean-­-François Merle, Michel Giraud, Gudrun Aivazian, Alain Réguillon, Christoph Woïke.

HISTOIRE

Fondé en 1966, et après signature d’une convention avec la ville de Vienne, le COEI est en charge de la mise en oeuvre de projets liés aux jumelages.
Le COEI milite pour la construction européenne afin d’établir une union entre les peuples européens et afin de développer un sentiment de citoyenneté européenne.
Il a pour mission :

  • d’assurer la promotion des jumelages de la ville de Vienne,
  • de favoriser les échanges culturels, sportifs, sociaux et professionnels,
    de proposer ou faciliter l’organisation de voyages et rencontres dans et avec les villes jumelles,
  • d’apporter une assistance aux acteurs locaux désirant entreprendre une activité dans le cadre des jumelages ou à caractère européen,
  • d’inciter une très large participation des habitants de Vienne à ces échanges.

DIETER ROSER 1911-1975

Le Docteur ROSER est né à Esslingen où il assume les fonctions de Maire entre 1948 et 1966. Ce fils d’Esslingen apprend et vit l’ouverture sur le monde dès son plus jeune âge notamment lors de ses études économiques dans une entreprise d’import-export à Hambourg, puis aux académies pédagogiques d’Actoria et de Francfort ainsi qu’à l’université de Tubingen. La guerre interrompt la carrière du pédagogue et de l’historien de l’art, frais émoulu.

Après la guerre, son ami et maitre de Tubingen, le Professeur Carlo Schmitt, le fait venir pour travailler dans l’administration culturelle où Dieter ROSER se consacre à la mise en place de la formation des professeurs et aux associations de jeunes et d’adultes.
En 1946 il devient membre de l’assemblée consultative de Wurtemberg-Hohenzollern, puis est élu au premier Landtag de la même région. Dans cette assemblée, Dieter ROSER préside jusqu’en 1949 le groupe social-démocrate.

En 1948 les citoyens d’Esslingen le portent à la magistrature suprême de leur ville. Cette même année, il devient Président régional de l’Union Européenne de Bade-Wutemberg.
Durant vingt ans, Dieter ROSER est membre du Présidium de l’Union Européenne en Allemagne et en 1967, il devient membre de la Présidence du Conseil allemand du Mouvement Européen.
Le Docteur ROSER sait bien que l’on doit appréhender l’idée de compréhension européenne à la base, d’homme à homme, de famille à famille, de ville à ville.

En 1950, il organise un voyage à Puteaux, près de Paris, pour douze jeunes d’Esslingen. C’est le point de départ d’une action inlassable en faveur des échanges internationaux.
Le Docteur ROSER établit des contacts et réunit en 1958 ses collègues de Neath, Udine et Vienne. Suite à cette première rencontre, un échange de jeunes est organisé la même année entre Esslingen et ses premières villes jumelles. Initiateur de ces premières relations, Dieter ROSER est en cela fidèle à sa devise « Dans le domaine politique, ne peut se perpétuer que ce qui nait dans les contacts personnels et humains ».
Dans cet esprit, le but du Docteur ROSER est de permettre à chaque écolier d’Esslingen de profiter au moins une fois dans sa scolarité, d’un programme d’échange avec des villes jumelles.
Derrière une telle conception, il est possible de reconnaître le pédagogue averti et engagé, l’européen convaincu et l’ami privilégié de la France. Alors qu’il était soldat et pendant l’hiver 1940-1941, sur la côte bretonne, Dieter ROSER traduit « le Spleen de Paris » de Charles BAUDELAIRE, livre publié en 1960 par un éditeur d’Esslingen.

Lorsqu’il quitte ses fonctions de Maire après dix-huit ans de mandat, Dieter Roser avoue que son travail pour la promotion et le développement des jumelages compte parmi ses actions les plus importantes et les plus significatives. Il dit à ce sujet « Je suis l’initiateur des jumelages mais l’action est conduite par de nombreux volontaires venus me rejoindre, dont une foule de jeunes gens acquis à cette cause enthousiaste ».

Dieter ROSER a milité pour l’EUROPE avec une belle ferveur, nul doute que son œuvre tournée vers la jeunesse portera ses fruits.

 

Dorothée BAYER, Directrice des Services Culturels de la Ville d’Esslingen

LUCIEN HUSSEL 1889-1967

Le Président Lucien HUSSEL est né à Voiron, mais sa famille s’installe à Vienne alors qu’il est encore très jeune. Il est un bon élève de l’Ecole Pratique de Commerce et d’Industrie, puis commence à travailler au bureau central de la Mairie de Vienne, sous le mandat de Joseph BRENIER.

Appelé sous les drapeaux en 1909, Lucien HUSSEL reprend son emploi dès son retour à la vie civile. La mobilisation générale de 1914 le rappelle à l’armée où il gagne le front dès les premiers jours avec le grade de sergent. Il est proposé en 1915 pour le grade d’officier d’administration, mais il refuse cet avancement afin de rester auprès du médecin-chef de l’ambulance auquel il est rattaché. Affecté ensuite dans l’infanterie, le jeune Viennois se distingue et mérite deux citations à la tête de sa section. La Croix de Guerre lui est attribué et il est proposé au grade de sous-lieutenant au moment de l’Armistice.

De retour à la vie civile, Lucien Hussel travaille dans plusieurs mairies avant d’être employé à la mairie de Grenoble. Le poste qu’il occupe au service de la voirie lui procure de précieux enseignements, à un moment où le maire MISTRAL accomplit de grandes réalisations. Lucien Hussel adhère très jeune au parti socialiste et toute sa vie il reste fidèle à ses idées. C’est d’ailleurs sous le « drapeau » de ce parti qu’il est élu.

En 1925, il est élu Conseiller Général du Canton de Vienne Nord et conserve ce mandat jusqu’à sa mort en 1967.
Maire de Vienne de 1932 à 1940, puis de 1940 à 1959. Il est député de l’Isère de 1932 à 1940 et de 1944 à 1958. Au sein de l’Assemblée Nationale, il occupe la fonction de questeur.
A la libération, il est élu Président du Conseil Général de l’Isère, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort. Avant la seconde guerre mondiale, le Président HUSSEL entreprend une énorme tâche pour la rénovation de Vienne : la construction de l’hôpital du Mont-Salomon, le dégagement du théâtre antique et du cloître roman de St-André-le-Bas portent témoignage d’une intense activité qui tend à amener de profondes améliorations dans une ville ouvrière. C’est aussi durant cette période que la ville est rendue plus propre, plus agréable.

Un évènement prouve avec éclat sa force de caractère et son attachement à la République : son vote hostile et courageux, le 10 juillet 1940 à Vichy, contre la destruction du régime républicain. Il est l’un des quatre-vingts parlementaires qui refusent la mort de la république.

Replacé à la tête de la municipalité viennoise à la libération en septembre 1944, puis réélu par la suite Maire de Vienne, Lucien Hussel, reprend un vaste programme d’urbanisme. Parmi ses principales réalisations, retenons la démolition de la caserne Rambaud qui fait place aux logements du quartier du Champ-de-Mars, l’édification de bâtiments HLM dans plusieurs quartiers, la construction du lycée technique, la construction du pont sur le Rhône, la construction d’écoles élémentaires et maternelles, la construction de l’Hôtel des Postes, la réfection du système de distribution d’eau.

Vers la fin de son mandat de Maire, l’effort de rapprochement entre des hommes trop longtemps opposés trouve un aboutissement dans le jumelage avec Esslingen.
Son esprit d’ouverture et son souci de la paix l’amènent encore à amorcer des contacts avec Udine et Neath. Une nouvelle œuvre magnifique est alors esquissée. Lucien HUSSEL nous a tracé la voie de l’avenir.

Adrien Poulet, Conseiller municipal de la ville de Vienne